À retenir
- Immergés comme structures récifales, exactement comme les navires.
- Presque personne ne s'attend à découvrir un avion sur le fond.
- Les cellules en alliage léger s'ouvrent plus rapidement qu'une coque en acier.
- Un fuselage est un tube rempli de trous, exactement ce que recherchent les poissons.
Oui, il y a bien des avions là-dessous
Cela n'est mentionné qu'une seule fois dans la description de l'excursion, au milieu d'une liste, alors que le sujet mérite bien davantage. À un moment du parcours, le sous-marin longe un avion posé sur le fond marin, à cent pieds sous Waikiki.
La réaction dans la cabine est toujours la même. Une épave surprend, mais reste globalement prévisible ; un avion, beaucoup moins, et un bref silence s'installe généralement avant que tout le monde ne pose la même question en même temps.
Ils sont là exactement pour la même raison que les navires. Une cellule est une structure rigide offrant une surface considérable et un grand nombre d'ouvertures, ce qui constitue précisément le cahier des charges d'un récif artificiel.
Comment un avion se retrouve sur un récif
Le parcours est le même que pour un navire et la préparation est, si possible, encore plus minutieuse.
Lorsqu'une cellule arrive en fin de vie, elle devient un problème d'élimination : structures composites et en alliage, liquide hydraulique, faisceaux électriques, mousse, verre. Tout ce qui pourrait polluer ou se détacher doit être retiré avant l'immersion. Les moteurs, les réservoirs, les sièges, l'isolation et les instruments sont démontés. Il ne reste que la coque.
Vient ensuite le positionnement. Un avion est bien plus léger qu'un navire, ce qui facilite sa mise en place précise, mais rend plus difficile le maintien à l'endroit prévu : une coque de plusieurs centaines de tonnes reste en place ; une cellule peut se déplacer par forte houle, et l'emplacement doit en tenir compte.
Une fois au fond, il remplit le même rôle que toute autre structure, et même légèrement mieux par tonne, car un avion est constitué en grande partie de surfaces et contient très peu de matière pleine.
Une cellule d'avion immergée sur le sable, entourée de poissons
Ce que la mer fait à une cellule
Différemment d'un navire, et plus rapidement à certains égards.
Les avions sont construits en alliage léger et mince selon une structure à revêtement travaillant, remarquable dans les airs mais vulnérable à l'eau salée. Les panneaux se corrodent et se détachent, les lignes de rivets cèdent et le revêtement s'ouvre. En quelques années, la cellule ressemble davantage à un squelette garni de panneaux qu'à un objet plein.
Du point de vue d'un récif, il ne s'agit pas tant d'une dégradation que d'une amélioration. Chaque panneau qui s'ouvre crée un nouvel espace ombragé, et le volume intérieur d'un fuselage devient accessible au lieu de rester fermé.
Les formes reconnaissables persistent plus longtemps que vous ne l'imaginez. La queue, l'emplanture d'une aile et la ligne d'un fuselage restent lisibles bien après la disparition des surfaces qui les recouvrent. C'est pourquoi un avion reste manifestement un avion sur le fond, longtemps après qu'un navire est devenu partie intégrante du terrain.
Les avions comme récifs, ailleurs
Ce n'est pas une particularité hawaïenne. Immerger des cellules réformées pour créer un habitat se pratique dans plusieurs endroits, et certains résultats sont bien connus des plongeurs : des avions de ligne au large de la Turquie et de Bahreïn, des appareils militaires dans le golfe du Mexique et les Caraïbes, et des modèles plus petits un peu partout.
L'intérêt est le même partout où cette pratique est mise en œuvre. Les avions sont nombreux en fin de vie, ils sont déjà constitués de structures allégées plutôt que de masses pleines, et ils sont visuellement saisissants, contrairement à un module en béton. C'est important pour un site qui doit aussi attirer des visiteurs.
Les objections sont elles aussi toujours les mêmes, et il vaut la peine de les prendre en compte. Une cellule est légère et peut donc se déplacer. Elle contient de nombreux matériaux qui doivent être retirés correctement, et non à peu près. Enfin, un appareil mal positionné peut endommager ce qui se trouvait déjà là.
Aucune de ces objections ne constitue un argument contre la pratique ; elles plaident pour une mise en œuvre rigoureuse, ce qui est exactement la conclusion à laquelle mènent les navires.
Cellules d'avion
Un avion est constitué en grande partie de surfaces et contient très peu de matière pleine ; à la tonne, il offre donc une meilleure structure récifale qu'un navire.
Ce qui y vit
Un fuselage est un tube percé de trous, ce qui se trouve être l'architecture idéale pour les poissons de récif : abri, ombre, entrées multiples et intérieur facile à défendre.
Le schéma est le même que sur les épaves : de denses bancs dans les volumes intérieurs ombragés, des brouteurs sur les surfaces extérieures et des chasseurs qui longent les bordures. La différence tient à l'échelle. Un avion est suffisamment petit pour vous permettre d'observer toute la communauté d'un seul regard, au lieu d'en longer une partie.
Les murènes apprécient particulièrement les espaces confinés. Si vous devez en voir une pendant cette plongée, elle se trouvera dans un avion ou une structure similaire, généralement sous la forme d'une tête dépassant d'une ouverture, et rien de plus.
La voir et la photographier
Elle passe rapidement, et mieux vaut être prêt. Le pilote vous la signalera, et vous pourrez voir l'ensemble pendant bien moins d'une minute depuis un même hublot.
La forme se distingue plus facilement de biais que de profil. De face, ce n'est qu'un enchevêtrement de montants ; de trois quarts, la ligne de l'aile et le fuselage se détachent, et l'objet devient identifiable.
Pour une photo, les mêmes règles s'appliquent que partout ailleurs pendant cette plongée : exposez pour la structure plutôt que pour l'eau, gardez l'appareil contre la vitre pour éliminer les reflets et acceptez que tout ressorte en bleu. La silhouette d'un avion sur un fond sableux est l'un des rares sujets qui rendent bien ici, même en monochrome bleu, car sa forme suffit à composer l'image sans avoir besoin de couleurs.
Et prenez une photo plutôt que douze. L'avion disparaît en quarante secondes, et c'est un meilleur souvenir qu'une rafale d'images.
