The white hull of the submarine above a wreck on the seabed

Les navires

Les Épaves au Large de Waikiki et Leur Histoire

À retenir

  • Ces navires ont été immergés volontairement. C'est un autre type d'épave.
  • Le carburant, l'huile, les câbles et tout ce qui n'est pas fixé sont retirés en premier.
  • Une coque criblée de trous est un immeuble pour poissons.
  • Le sous-marin longe l'épave plutôt que de la contourner à distance.

Une épave qui devait le devenir

Le mot « épave » charrie toute une histoire : une tempête, une erreur, des personnes à l'eau. Il vaut la peine de distinguer cette histoire de ce qui se trouve ici au fond, car ces navires ont été coulés selon un calendrier prévu, et non dans l'urgence.

Un navire destiné à servir de récif est choisi, acheté ou donné, puis préparé. Le carburant et l'huile sont retirés. Les câbles, l'isolation, la peinture en mauvais état et tout ce qui pourrait se détacher et dériver sont enlevés. Des ouvertures sont découpées pour permettre aux plongeurs et aux poissons de circuler en toute sécurité et éviter que la coque ne devienne un piège. Le navire est ensuite remorqué au large, mis en position puis rempli d'eau de manière contrôlée, afin qu'il se pose à l'endroit prévu et dans le bon sens.

Cette préparation fait toute la différence entre un récif et un incident de pollution, et elle représente un travail considérable.

À quoi ressemblent-elles aujourd'hui ?

Le temps passé sous l'eau agit de manière précise et assez prévisible sur une coque en acier, et le fait de le savoir permet de bien mieux comprendre une épave lorsque vous la dépassez.

Au début, ses contours s'adoucissent. En quelques mois, chaque surface se couvre d'un duvet d'algues, d'hydraires et de petits invertébrés qui en brouillent les lignes. Une épave aux formes nettes et géométriques au moment du naufrage prend l'apparence d'une forme organique en l'espace de quelques années.

Puis elle s'ouvre. L'acier se corrode plus vite au niveau des tôles fines et des soudures : les coques se trouent, les ponts se perforent et les superstructures perdent leurs panneaux. C'est ainsi qu'un objet creux devient un habitat : chaque nouvelle ouverture offre un endroit supplémentaire où la vie peut s'installer.

Et elle s'intègre. Le sable s'accumule contre un flanc, les débris se déposent à l'intérieur, et l'épave finit lentement par se fondre dans le fond marin au lieu de simplement y reposer.

Depuis un hublot, l'impression d'ensemble est celle de quelque chose qui fut autrefois un navire et qui est désormais devenu un élément du relief sous-marin.

Les poissons qui y vivent

C'est là tout l'intérêt, et le spectacle est saisissant. Le sable autour d'une épave est presque désert. L'épave elle-même grouille de vie.

Le plus impressionnant, à chaque passage, ce sont les bancs de poissons-soldats orange qui se massent dans les ouvertures ombragées, les cadres et les surplombs. Ils sont nocturnes : le jour, ils restent dans les espaces sombres, en groupes denses et immobiles, et un cadre qui ressemble de loin à une partie de la structure révèle, à courte distance, plusieurs centaines de poissons.

Autour d'eux, des chirurgiens jaunes broutent les surfaces, des poissons-papillons inspectent les bordures et des labres chassent parmi les débris. De plus grands prédateurs passent. Les murènes occupent les trous et y restent pour la plupart.

C'est cette concentration qui compte. Une épave n'est pas seulement quelque chose à observer : c'est la raison même pour laquelle il y a quelque chose à observer.

The submarine passing over a sunken vessel with yellow tangs around it

Une épave posée sur le sable, dont les cadres sont couverts de poissons-soldats

Les découvrir depuis un sous-marin

Un sous-marin vous fait découvrir une épave autrement qu'en plongée, et il vaut la peine de comprendre ce que cela change.

Vous êtes plus loin qu'un plongeur et vous ne pouvez pas choisir l'angle depuis lequel vous l'observez. En contrepartie, vous voyez l'ensemble d'un seul coup : un sous-marin longe la coque à distance constante, ce qui permet de percevoir le navire comme un objet plutôt que comme une succession de détails en gros plan. Les plongeurs évoquent souvent le problème inverse : ils n'ont jamais vraiment perçu la forme de l'épave sur laquelle ils évoluaient.

Vous profitez aussi de cette expérience sans aucune contrainte. Pas de certification, pas de bouteille, pas d'obligation de décompression, pas de froid, et une heure trois quarts depuis un ponton d'hôtel.

Et vous bénéficiez des commentaires. Le pilote sait à quoi servait chaque structure, quand elle a sombré et ce qui lui est arrivé depuis, ce qui est bien plus que ce qu'offrent la plupart des plongées sur épave.

Pourquoi couler un navire en parfait état

Parce que l'alternative est pire et que le résultat est meilleur, et de loin, sur les deux plans.

La mise au rebut d'un navire en fin de vie est complexe et problématique pour l'environnement. Le démantèlement est très énergivore ; l'abandon est illégal et destructeur. Transformer une coque correctement préparée en récif permet de convertir un problème de gestion des déchets en habitat, tout en demandant moins de ressources que les autres solutions.

L'argument de l'habitat est le plus convaincant. Une plaine de sable abrite un petit nombre d'animaux spécialisés. La même surface, lorsqu'elle accueille une épave, en abrite plusieurs ordres de grandeur de plus, et ce en quelques années seulement.

Les critiques sont légitimes - concentration plutôt que création de poissons, matériaux mal nettoyés, sites mal choisis - et la réponse à toutes ces objections consiste à mieux préparer et implanter les épaves, plutôt qu'à y renoncer. Lorsqu'il est correctement réalisé, le sabordage d'un navire est l'une des rares interventions dans l'océan qui améliore les choses de manière fiable.

Que regarder en passant

Une épave défile devant un hublot en moins d'une minute, et savoir quoi observer fait la différence entre une forme et un véritable lieu.

Observez d'abord les ouvertures ombragées. Partout où la structure forme un renfoncement sombre - une porte, une cale, le dessous d'un pont - se trouve la plus forte concentration de vie, et les bancs orange s'y tiennent presque toujours plutôt qu'en pleine eau.

Cherchez la ligne où la coque rejoint le sable. Cette jonction retient les débris et les poissons y fouillent sans cesse à la recherche de nourriture ; elle montre aussi jusqu'à quel point le navire s'est enfoncé depuis son naufrage.

Observez la différence entre les surfaces supérieures et celles qui sont abritées. La croissance est plus abondante là où la lumière est présente, et le sommet d'une épave est souvent nettement plus couvert de végétation que ses flancs.

Et prenez une fois le temps de regarder la silhouette entière plutôt que les détails. Un sous-marin vous montre l'objet dans son ensemble, ce qu'un plongeur ne peut presque jamais faire, et c'est cette perspective qu'il faut retenir.

Des épaves immergées volontairement, où la vie foisonne

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Avant de réserver

Les épaves ont-elles été perdues en mer ?
Non. Elles ont été préparées puis immergées volontairement pour servir de structure récifale.
Comment sont-elles préparées ?
Le carburant, l'huile, les câbles et les matériaux mobiles sont retirés, et des ouvertures sont découpées afin qu'aucun élément ne puisse devenir un piège.
Quel âge ont-elles ?
Elles ne sont pas toutes dans le même état. Une coque immergée depuis des années est beaucoup plus envahie par la vie et plus ouverte qu'une épave récente.
Dans quel état sont-elles ?
Leurs contours sont adoucis par la croissance, perforés par la corrosion, et elles s'intègrent lentement au sable qui les entoure.
Pouvez-vous voir à l'intérieur ?
Vous voyez l'intérieur des ouvertures depuis l'extérieur. Le sous-marin longe une épave au lieu d'y pénétrer.
Qu'est-ce qui y vit ?
De denses bancs de poissons-soldats dans les structures ombragées, ainsi que des chirurgiens, des poissons-papillons, des labres, des murènes dans les trous et des prédateurs de passage.
Pourquoi couler un navire ?
Cela transforme un problème d'élimination complexe en habitat, et le gain pour l'habitat par rapport à un simple fond sableux est considérable.
À quelle distance le sous-marin s'approche-t-il ?
Assez près pour en distinguer la structure, et il longe toute sa longueur au lieu de tourner à distance.

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